King Kong   *
Peter Jackson
sorti en décembre 2005
King Kong, un des mythes de l'histoire contemporaine, revisité par quelqu'un qui a fait ses preuves dans la façon de raconter une histoire, d'orchestrer des effets spéciaux, d'en mettre plein la vue au spectateur le plus blasé... mais qui par contre n'avait pas montré beaucoup de subtilité dans la façon de montrer ses personnages (le seigneur des anneaux, c'était lui...) : tout cela était attendu, prévu, on allait voir un King Kong énorme, bourré d'effets spéciaux absolument géniaux, et il n'y aurait pas grand chose à dire sur l'amour, la mort et la vie...
Et... il y a un peu de ça, mais pas tout à fait. Les spécialistes pourront comparer les trois versions (1933, 1976, 2005), vérifier que le King Kong de Peter Jackson est un hommage à celui de 1933, mais qu'il ignore l'idée qu'on peut adapter cette histoire à n'importe quelle période. La version de 1976 (John Guillermin) était ancrée dans la réalité des années 70, celle de 2005 aurait pu elle aussi s'inscrire dans le contemporain, dans un New York d'après 11 septembre...
On a beau y gagner une très belle reconstitution des années 30, il y a comme un regret, comme un refus du réalisateur de faire évoluer le mythe, historiquement et socialement.
Il y a donc beaucoup d'effets spéciaux, certains splendides (décors), d'autres un peu moins (la course des brontosaures) et surtout superflus, ne rajoutant rien à l'histoire. La fosse aux insectes est tout à fait ignoble et donc très réussie, mais elle vient alors qu'on a compris depuis longtemps l'hostilité de la nature. Beaucoup de scènes d'action, avec ou sans effets spéciaux, paraissent confuses, noyées sous une bande son uniformément bruyante, diluées dans un montage excessivement nerveux.
Finalement, ce sont les deux personnages principaux qui donnent véritablement vie au film. Naomi Watts est absolument parfaite dans le rôle d'Ann Darrow, passant de la terreur à la compassion tout en restant très crédible. King Kong quant à lui est une grande réussite, bestial ou extraordinairement doux. Le couple Naomi Watts - King Kong, d'une très grande complicité (!) tire le film vers la romance, les échanges de regards entre les deux personnages sont ce qu'il y a de plus beau pendant les trois heures.
avec
 
Naomi Watts
Jack Black
Adrien Brody
Thomas Kretschmann
Andy Serkis
Vos commentaires
 
King Kong, le  remake pour 2005 ! Un film grandiose, des dialogues faciles mais de l’élégance,  de l’émotion  touchante entre la belle et la bête.  Le combat entre King Kong et les tyrannosaures est rempli d’humour : Les coups de poings dignes d’un champion de boxe et  l’arrachement de mâchoire ajoute une note d’humour aux scènes de combats spectaculaires et très réalistes.
 
Je suis d’accord  la course des brontosaures poursuivis par des tyrannosaures affamés est géniale, mais les aventuriers pris de panique entre les pattes des mastodontes affolés résonnent faux, c’est à mon  avis le seul bémol sur 3 heures de grand spectacle.            
Pierre L. 21 décembre 2005
 
 
 
D'abord le mythe, on y est  bien et dans ces trois aspects que tu développes, je trouve qu'il est conforme. Sur l'aspect écologie-nature rien à rajouter, sur l'aspect "étranger" je trouve que là aussi on est bien dedans, il n'y a qu'à voir comment l'armée tire, au canon à la mitrailleuse, dans le tas sans sommation et sans autre but que de liquider celui qui est différent, sur Central Park, sur les immeubles, sur King-Kong enfin et cela au mépris de la vie des autres. Il faut  l'éliminer quelqu'en soit le prix à payer et ça c'est le propre des  guerres génocidaires.  Même Naomie Watts ne compte pas  et pourtant quelle présence, quelle sensualité elle dégage. King-Kong, un mâle ? c'est sûr même sans connaître son état civil. Et puis sur le cinéma, sur le témoignage sur la volonté d'exhiber comme on a exhibé des noirs à l'expo universelle, c'est bien rendu.
Par contre sur les effets spéciaux, d'accord avec toi beaucoup trop et parfois peu crédibles : la course de dinosaures avec des hommes au milieu dans une gorge de 5m de large on n'arrive pas à y croire comme on a du mal à suivre les mouvements d'un bateau qui se manoeuvre comme un kayak. Par contre, l'univers de cette île avec une tribu et son adaptation à une nature hostile est particulièrement bien rendu avec des images très fortes et là on retrouve le souffle du Seigneur des Anneaux. Un film à voir malgré les quelques défauts gadgets. Et mention spéciale pour Naomie Watts.    
Michel F.   1er janvier 2006