Je pense à vous
Pascal Bonitzer
sorti en novembre 2006
C’est ce qu’on pourrait appeler un vaudeville branché ? Les portes ne claquent pas (ou presque) mais les personnages qui viennent et repartent comme des voleurs, observent ce qu’ils ne sont pas censés voir, les situations  et les relations entre les protagonistes, liaisons cachées, tromperies, mensonges, sont bien celles de la comédie de mœurs, pour rire.
Ce qui étonne ici, c’est la cruauté, l’incroyable méchanceté avec laquelle les cinq personnages principaux s’envoient les répliques.
La mise en scène, élégante et précise, et surtout les dialogues, rythmés, féroces, drôles parfois, font de ce film un bel étalage de monstruosité feutrée. On reste, tout au long des quatre-vingts petites minutes, entre gens de bonne compagnie, sans soucis financiers, exerçant des métiers plutôt intellectuels, mais finalement capables d’une vulgarité effarante, qui ne se traduit pas par des injures ou des coups (enfin, presque), mais par des attitudes condescendantes, méprisantes, perverses, ignobles.
Ce n’est peut être qu’un jeu, mais il manque un peu d’émotion ou de compassion, enfin quelque chose qui ferait qu’on peut s’attendrir, prendre partie pour l’un ou l’autre. Trop froid, trop distant, peut-être même trop intelligent ?
avec

Edouard Baer
Géraldine Pailhas
Marina De Van
Charles Berling
Hippolyte Girardot