Considérations 
post-électorales
Mai 2007

N. S. vient d’être élu président... 
C’est un cauchemar, non ?

Et qu’est-ce que ça à voir avec le cinéma ?

Juste deux ou trois petites choses : Cette élection, ce choix, même s’il est toujours difficile de faire des généralités sur cette multitude de décisions personnelles prises dans l’isoloir, apparaît pour moi comme le reflet d’une acceptation, peut-être fataliste, mais certainement assumée : l’acceptation d’une société libérale, individualiste, repliée sur elle-même. Voyez tous les personnages secondaires du film à succès “Je vais bien, ne t’en fais pas”, montrant une difficulté d’ouverture, comme un refus voilé d’aider les autres. Ou, dans un tout autre genre, les rapports humains de deux grosses comédies bien lourdes, “les bronzés 3” et “Camping”, gangrenés par l’argent, la quête du “mieux que l’autre”. Ou bien encore la solitude sociale et sentimentale des personnages de “Je ne suis pas là pour être aimé”, “Je vous trouve très beau”, solitude menant même jusqu’au désespoir le plus noir  dans “Flandres”, “Meurtrières”, “La raison du plus faible”.
Dans “Ne le dis à personne”, un autre succès récent, le personnage principal ne trouvait de l’aide que parmi les exclus, Guillaume Canet exposant en toile de fond une société cadenassée, individualiste. Darroussin, dans son premier film au titre révélateur “Le pressentiment”, pointait la mesquinerie de chacun face aux difficultés de la vie. Tous les personnages de “Selon Charlie”, de Nicole Garcia, se heurtaient les uns contre les autres, avec un désespoir éminemment contemporain. 

Pour en revenir aux élections,  le candidat de la droite, avec son réseau puissant et probablement très efficace, semblait le mieux placé pour faire basculer définitivement une organisation trop étatique, trop sociale, trop fraternelle, vers un système moderne, où n’auront plus leur place la contemplation, le respect des différences, la nonchalance, la créativité débridée. Dans ce contexte, des petits films formidables et porteurs d’émotions décalées, qui avaient déjà eu beaucoup de difficultés à trouver leur public, peu aidés par des producteurs et des distributeurs  très préoccupés par leur survie financière, auront probablement encore moins de chances d’exister, comme des victimes d’une censure économique qui ne supporte pas les perdants, les rêveurs, les nostalgiques. Vous n’avez probablement pas vu “Avril”, “Congorama”, “Le grand appartement”, “L’iceberg”, “J’attends quelqu’un”, “Le passager”, qui ont tous en commun la volonté de montrer des personnages bancals, des chômeurs, des fatigués, des rebelles au travail, des meurtris ou des endeuillés qui ne s’en sortent pas, des mélancoliques, des poètes du manque d’espoir... Vous ne les avez pas vus, vous risquez d’en voir encore moins, de ces petits films fauchés et sans poursuites de bagnoles, mais à l’émotion politiquement incorrecte.

Dernière mais pas moins flagrante correspondance entre politique et cinéma, la révolte de deux personnages de films récents : dans “Sauf le respect que je vous dois”, un employé modèle d’une entreprise est révulsé par le traitement parfaitement inhumain du licenciement d’un de ses amis qui se suicide par la suite.  Tentant de comprendre, il finit par dépasser les limites, bascule, se condamne lui-même. Vision terrifiante, d’autant plus prenante qu’elle touche un individu quelconque, respectueux des conventions.
Dans le film encore sur les écrans, à voir absolument, “Très bien merci”, la révolte est d’un tout autre registre. Elle prend naissance sur le terreau de l’uniformisation et de la privation progressive des libertés, elle est moins spectaculaire que dans “Sauf le respect que je vous dois”, elle frôle pourtant la folie, elle se termine sur un pied de nez au système, réjouissant mais aussi inquiétant parce qu’individualiste.

Avec N. S., on en prend pour cinq ans, deux cent soixante semaines (de combien d’heures de travail ?), mille huit cent vingt cinq jours d’attente d’instants meilleurs. 
Ce type est un cauchemar.je%20vais%20bien,%20ne%20t%27en%20fais%20pas.htmlBE921F99-5171-11DB-ADB0-000A95DD545A.htmlcamping.htmlC70F4A42-40CA-11DB-9E11-000A95DD545A.html62B0275E-40D2-11DB-9E11-000A95DD545A.htmlflandres.htmlA4AA8580-3B79-11DB-95DD-000A95DD545A.htmlla%20raison%20du%20plus%20faible.htmlC4988080-70F8-11DB-A330-000A95DD545A.htmlle%20pressentiment.htmlselon%20charlie.htmlavril.htmlcongorama.htmlle%20grand%20appartement.htmll%27iceberg.htmlj%27attends%20quelqu%27un.htmlle%20passager.htmlsauf%20le%20respect....html05A9FD40-52F8-439C-BED3-064AEF38B569.htmlshapeimage_1_link_0shapeimage_1_link_1shapeimage_1_link_2shapeimage_1_link_3shapeimage_1_link_4shapeimage_1_link_5shapeimage_1_link_6shapeimage_1_link_7shapeimage_1_link_8shapeimage_1_link_9shapeimage_1_link_10shapeimage_1_link_11shapeimage_1_link_12shapeimage_1_link_13shapeimage_1_link_14shapeimage_1_link_15shapeimage_1_link_16shapeimage_1_link_17shapeimage_1_link_18
 
Un blog “pour tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce nouveau président.